Paris, le 29 février 2004

Anonymes et personnalités unis face à l'homophobie

Samedi 28 février, devant le Ministère de la Justice, 1 200 personnes sont venues signer le manifeste « Solidarité avec Sébastien Nouchet — Contre l’homophobie : des actes ! ».

Homosexualités Et Socialisme (HES) se félicite de l’importante mobilisation des anonymes et des personnalités qui étaient venus exprimer symboliquement leur engagement face à l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie, à l’appel de l’Inter-LGBT.

Ce rassemblement digne et émouvant auquel appelaient plus de cinquante associations LGBT mais également la quasi totalité des syndicats, les partis de la gauche parlementaire (PS, PCF, Verts) et de nombreuses associations de lutte contre les discriminations, nous incite à ne retenir qu’une image forte : celle d’une société où les élus et les citoyens se retrouvent ensemble autour d’une grande cause nationale.

HES se réjouit que toute la famille socialiste ait répondu à l’appel des associations ; en effet, non seulement le PS et le MJS, au niveau national, avaient signé le manifeste, mais plusieurs personnalités du Parti socialiste ont tenu à apposer personnellement leur signature au bas d’un texte légitimement très revendicatif.

Les manifestants ont ainsi pu faire part de leur émotion et de leur volonté de faire aboutir leurs revendications auprès des élus présents, tels que Bertrand Delanoë, Jean-Paul Huchon, Dominique Strauss-Kahn, Patrick Bloche, Danièle Hoffman-Rispal, Marie-Pierre de la Gontrie, Anne Hidalgo, Roger Madec, Philippe Ducloux, Stéphane Martinet, Rémy Ferraud. Le Parti socialiste était représenté par François Vauglin, délégué national aux questions LGBT. Par ailleurs, de nombreux militants du PS et du MJS parisien avaient répondu présents à l’appel.

HES tient également à saluer les manifestations qui ont eu lieu dans toute la France, à Brest, Metz, Montpellier et surtout à Lille, vendredi 27 au soir. Comme celle de Paris, elles ont permis d’interpeller le Premier ministre, le garde des Sceaux, le ministre de l’Éducation nationale et la majorité UDF-UMP, qui ont promis depuis plus d’un an une loi contre l’homophobie sans qu’elle ne voie le jour.

HES rappelle avec obstination que la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre passe par quatre revendications indissociables les unes des autres : une loi contre tous les propos discriminatoires qui n’établisse pas de hiérarchie entre les discriminations racistes et homophobes, une Haute Autorité contre les discriminations avec de réels moyens et un contrôle parlementaire, des campagnes publiques de lutte contre les discriminations et une politique éducative complète prenant en compte la diversité des orientations sexuelles et l’identité de genre. Le Ministère de l’Éducation nationale a d’ores et déjà à sa disposition un certain nombre d’outils d’origine associative, et les récents rapports sont venus conforter la nécessité d’une lutte contre toutes les discriminations en milieu scolaire.

Combien de temps faudra-t-il encore attendre de ce gouvernement une véritable politique contre l’homophobie, la lesbophobie, la transphobie ?